Nous ne sommes pas faits pour ce monde !

Ferme les yeux et tu verras !

Non, nous ne sommes pas faits pour ce monde !

Je ne suis pas faite pour ce monde, la souffrance, la maladie, l’injustice, les inégalités, les extrêmes, la pauvreté, la médiocrité… la mort. Nous mesurons la longueur de notre vie, de nos jours, de nos heures pour nous donner le sentiment que tout est parfaitement sous contrôle mais pourtant c’est bien ce qui nous attend tous, n’est-ce pas ?

Nous définissons la trop courte vie d’un enfant plus déraisonnable que celle presque trop longue d’un vieillard, et pourtant je ne peux me satisfaire d’aucunes. La fin des deux me bouleverse, me touche, me renverse, pourquoi notre histoire doit inévitablement avoir une fin ?

Non, la mort n’est pas raisonnable.

Ce ne sont que des mesures d’hommes qui se consolent d’un point final froid et obscur apposé au paragraphe de la vie si belle et pure. Car c’est bien de vie qu’il s’agit. La vie des siens, de ses voisins, notre vie, pas nés tous sous la même étoile et pourtant tous au même banc de la fin.

Non, je ne suis pas faite pour ce monde.

Alors, oui j’ai décidé de me battre, non pas contre les miens, contre mes voisins, ni même contre cette société, ce monde, mais contre elle, la voleuse, la faucheuse, contre elle, la véritable coupable, la mort aux moyens variés mais toujours cruels, siècle après siècle, saison après saison. La mort qui semble toujours avoir raison, j’ai décidé de la combattre en vivant comme jamais, en choisissant de voir le beau, l’éclatant, le merveilleux de mes jours « cadeaux » sur cette terre, tout aussi « cadeau ». Car la mort nous rappelle bien que rien ne nous appartient, si ce n’est la volonté de fermer les yeux et de voir, voir avec le cœur ce qui ne paraît ni beau, ni éclatant, ni merveilleux aux yeux de ce monde. Les petites, les toutes petites choses, jusqu’au grain de sel sur le doigt qui une fois en bouche donne la sensation de boire la mer tout entière.

Des toutes petites choses pour de si grands instants de vie.

Tout n’est qu’une question de regard et même si je sais qu’un jour inévitablement, la voleuse, la faucheuse viendra me chercher, en  défendant, en nourrissant, en portant en moi l’éternité, comme un sceau sur mon cœur, un sceau sur mon âme, je lui aurais fait un sacré pied de nez !

Nous ne sommes pas faits pour ce monde. Et si nous avons encore des doutes, des peurs, c’est que nous avons simplement oublié… que nous sommes faits pour l’éternité !

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